Il était une fois 

Mémère Justine....

  Dans le parc de Thalcy, j’ay dressé deux  plansons
  Sur qui le temps faucheur ny l’ennuyeuse entorse

  Des filles de la nuict jamais n’aura de force,
  Et non plus que mes vers n’esteindra leurs renoms.
  J’ay engravé dessus deux chiffres nourrissons
  D’une ferme union qui, avec leur escorce,
  Prend croissance et vigueur, et avecqu’eux s’efforce
  D’accroistre l’amitié comme croissent les noms.
  Croissez , arbres heureux, arbres en qui j’ay mis
  Ces noms, et mon serment, et mon amour promis.
  Aupres de mon serment, je metz ceste priere :
  "Vous, nymphes qui mouillez leurs pieds si doucement,
  Accroissez ses rameaux comme croist ma misere,
  Faites croistre ses noms ainsi que mon tourment." *

   Extraits de
Le Printemps, l’Hécatombe à Diane

    édition Droz, 
           d'Agrippa d'Aubigné (1552-1630)

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